• P4, un environnement d’apprentissage de la programmation au cycle 4 conforme aux nouveaux programmes

    Voir le site :

    https://iremi974.gitlab.io/p4

    Issu d’une démarche collaborative, le site présente :

    • un environnement d’apprentissage de la programmation adapté à chaque classe du cycle
    • des exemples de tâches pour chaque classe
    • des conseils didactiques.

    P4 a été présenté en atelier à la conférence DIDAPRO 11 à Grenoble le 11 mars 2026. Lien vers l’article.

  • Blocks4school – des environnements d’apprentissage de la programmation par blocs pour l’école primaire

    Lien vers le site : https://iremi974.gitlab.io/blocks4school/

    Programmation de déplacements aux cycles 1 et 2

    Conçus d’abord en mode débranché et présentés au forum Mathnipulez, les environnements pour le cycle 1 et 2 permettent l’apprentissage de la programmation par le déplacement d’un pion ou d’un robot sur une scène. La représentation du programme peut se faire grâce à la tablette de programmation. Le déplacement d’un pion pour le cycle 1 utilise les orientations absolues : haut, bas, gauche, droite. Le déplacement d’un robot pour le cycle 2 utilise les orientations relatives : avancer, pivoter à droite, pivoter à gauche, reculer.

    Les scènes peuvent être contextualisées par rapport à l’environnement de l’élève (scènes à imprimer en A3 puis à plastifier) :

    Les scènes peuvent aussi être imprimées sur bâche au format 1m par 1m et constituent alors une aire de déplacement pour le robot BlueBot.

    Ces environnements débranchés et en ligne ont été conçus pour simplifier l’apprentissage de la programmation et le rendre accessible à tou.te.s les professeurs d’école et à leurs élèves.

    Les versions en ligne peuvent être utilisées par l’enseignant pour montrer ou corriger une activité au vidéoprojecteur. Elles peuvent aussi être utilisées par les élèves sur ordinateur ou tablette dans le cas ou la classe est équipée.

    Les études réalisées ont montré un renforcement positif entre les trois modes d’apprentissage : activité débranchée, robotique pédagogique et activité en ligne sur ordinateur.

    Programmation de dessins avec PixelArt au cycle 3

    L’environnement PixelArt dédié au cycle 3 permet l’apprentissage de la boucle répéter n fois dans un cadre créatif.

    L’environnement est disponible dans deux modes, un mode guidé avec un enchaînement de tâches à réaliser, et un mode créatif entièrement libre.

  • Forum Ma(th)nipulez – Édition 2026

    Forum Ma(th)nipulez – Édition 2026

    La 4ème édition du Forum Ma(th)nipulez 2026 se tiendra le mercredi 18 mars 2026 (après-midi) au collège de CAMBUSTON (Saint ANDRÉ).

    Vous pourrez y  découvrir des activités de manipulation en mathématiques, du cycle 2 à la terminale (parfois courtes ou à utiliser sur l’année) de découverte ou de mise en application des concepts mathématiques présents dans les programmes, avec ou sans matériel spécifique et directement exploitables en classe. 

    Entrée, sortie et déambulation libres. élèves testeur(euse)s bienvenu(e)s

    Retrouvez les fiches des activités présentés :

  • Programmation Orientée Objet et égalités

    Le thème de la semaine des mathématiques 2026 est égalités. Ce concept, très présent en mathématiques, l’est aussi dans la programmation objet, et plus généralement en informatique où il existe plusieurs définitions de l’égalité.

    Les différents sens de l’égalité en maths

    Le premier mathématicien à parler d’égalité est Euclide. Il évoque des propriétés de l’égalité qui en font une relation d’équivalence :

    • a=a
    • si a=b alors b=a
    • si a=c et b=c alors a=b

    Mais l’égalité n’est pas une relation d’équivalence comme les autres, en plus de a = a il faut aussi a ≠ n’importe quoi d’autre que a. Par exemple une droite est toujours parallèle à elle-même mais n’est pas pour autant égale à toutes les droites qui lui sont parallèles. L’idée sous-jacente est de considérer comme égaux des objets mathématiques indistinguables l’un de l’autre.

    Égalité comme résultat d’un calcul

    Lorsque j’écris 2+2=4, je ne dis pas seulement que le nombre 2+2 est le même nombre que 4, je sous-entends que si on effectue le calcul 2+2, le résultat est 4. D’ailleurs sur certaines calculatrices 4 opérations, le bouton permettant d’obtenir le résultat de l’évaluation d’une expression porte le signe =. Cela perturbe des élèves à partir du cycle 2, car ils finissent par se fixer sur cette interprétation de l’égalité, et ne comprennent pas qu’on puisse écrire 4=2+2 ou 2+2=3+1.

    Cas d’égalité des triangles

    Chez Euclide, lorsqu’on dit que les triangles ABC et DEF sont égaux, on sous-entend qu’ils sont isométriques, et si par exemple AB = DE, on compare des distances et pas des points : que AB = DE ne signifie ni que A=D ni que B=E mais seulement que la distance entre A et B est la même que la distance entre D et E.

    Égalité approchée

    En cycle 3, beaucoup d’élèves apprennent que π=3,14 et ont beaucoup de mal par la suite à se défaire de cette idée, qui donne à la fois une fausse image de π, et une fausse image de l’égalité.

    Un problème similaire apparaît insidieusement lorsqu’on enseigne les fractions, notamment lorsqu’on dit que si on partage équitablement le contenu d’une bouteille en trois parties (égales !), chaque verre contient le tiers du contenu de la bouteille : en fait on ne peut pas forcément partager équitablement une quantité (par exemple si le nombre de molécules d’eau n’est pas divisible par 3, on sait grâce à la division euclidienne -encore Euclide- que le partage équitable est impossible) même si cette quantité est continue, du moins dans la pratique : les fractions obtenues en coupant des pizzas ou des segments ne peuvent être qu’approchées.

    Équations

    L’énoncé d’une équation s’écrit avec le signe égal. Par exemple lorsqu’on écrit que x+1=4, on pose implicitement la question de savoir non pas si x+1=4 mais quand x+1=4 : quelles sont les valeurs de x pour lesquelles x+1=4 ? Une équation est donc un problème, et résoudre ce problème c’est donner l’ensemble des x pour lesquels l’égalité est vérifiée.

    Un problème nouveau apparaît lorsqu’on parle d’équation d’une courbe algébrique : on ne peut pas lister toutes les solutions d’une équation de droite comme 2x+5y=3 parce qu’en caractéristique nulle il y a une infinité de solutions de l’équation.

    Fonctions

    Dans l’écriture d’une relation, en particulier d’une fonction, on utilise aussi le signe d’égalité comme dans y = sin(x). Cela sous-entend que pour toute valeur de la variable x, la valeur correspondante de y est le sinus de la valeur correspondante de x. Une notion mathématique qui précède celle de fonction est celle de variable. Lorsque je dis que x=3, je ne dis pas que la variable x est égale à 3 (sinon ce ne serait pas une variable) mais que sa valeur est égale à 3. Une variable est en fait une donnée formée de deux choses : son nom (quoiqu’il existe, en logique et en informatique, des variables anonymes) et sa valeur, et l’écriture x=3 est un abus de langage pour dire que x a pour valeur 3.

    L’égalité en informatique

    Pour savoir si x=3, je dois donc récupérer la valeur de la variable x (cela s’appelle évaluer x, et suppose donc que la variable x est une expression) et la comparer avec 3. Le résultat de la comparaison est un booléen (False ou True).

    Affectation

    Python hérite d’un choix malheureux datant de Fortran, un des premiers langages informatiques compilés. Dans ces langages, lorsque je modifie une variable, par exemple en injectant la valeur 5 dans la variable x, je n’écris pas 5→x pour suggérer cette affectation (ne serait-ce que parce que le caractère → n’existe pas sur un clavier azerty…) mais x=5, qui montre non pas un constat d’égalité, mais une volonté (que x soit égal à 5). Il y a eu des langages de programmation utilisant une suite non symétrique de symboles pour désigner l’affectation (:= dans les langages issus d’Algol, <- pour R…) et dans ces langages (y compris les langages purement fonctionnels -dépourvus de variables- comme Lisp, OCaml ou Haskell, et SQL qui n’est pas à proprement parler un langage de programmation) il est possible d’utiliser le signe d’égalité pour une comparaison, mais pour Python on ne peut pas, ce signe étant déjà réservé à l’affectation. Comment faire alors ?

    Comparaison en Python

    Pour savoir si deux objets sont égaux, en Python, on utilise un signe d’égalité dédoublé comme dans 2+2==4. Ou pas ! On peut aussi écrire 2+2 is 4, avec le même résultat (évaluation à True). Il y a donc deux égalités en Python, ce qui inscrit Python pleinement dans le thème de la semaine des maths 2025 (égalités, au pluriel) ! En quoi ces deux égalités diffèrent-elles ? En rien, avec des objets immuables : la première évalue les deux membres de l’égalité et compare les résultats des deux évaluations, la seconde compare les adresses mémoire des deux objets. Les réponses sont les mêmes, mais avec des objets mutables comme des listes, les égalités diffèrent :

    >>> tab1 = [3,1,4]
    >>> tab2 = [3,1,4]
    >>> tab1 is tab2
    False
    >>> tab1 == tab2
    True

    Égalité approchée

    Pour comparer deux entiers, on sait depuis le cycle 2 comment faire avec leur écriture décimale. Pour les réels c’est plus compliqué, parce que les réels sont modélisés par des flottants, et que des flottants, il n’y en a que 18446744073709551616 (et encore, certains flottants, comme NaN et l’infini, ne sont pas des réels). A priori, si on veut comparer 8\sqrt{8} avec 222 \sqrt{2}, il ne devrait pas y avoir de souci puisque les deux nombres ne sont présents en mémoire que sous forme approchée, et devraient être approchés par le même flottant :

    >>> a =8**0.5
    >>> b = 2*2**0.5
    >>> a == b
    True
    >>> a
    2.8284271247461903
    >>> b
    2.8284271247461903

    Mais les flottants sont des fractions dyadiques, ensemble strictement inclus dans celui des décimaux, et même les nombres décimaux ne peuvent être comparés exactement :

    >>> a = 0.1 + 0.2
    >>> b = 0.3
    >>> a == b
    False
    >>> a
    0.30000000000000004
    >>> b
    0.3
    >>> a-b
    5.551115123125783e-17

    Cela pose un problème en géométrie, où un déterminant censé être nul peut ne pas valoir exactement 0. On y reviendra plus tard, parce qu’une solution possible utilise la POO. En attendant, on constate que l’entier 3 et le réel 3 ne sont pas considérés comme égaux par Python :

    >>> 3 == 3.0
    True
    >>> 3 is 3.0
    False

    C’est donc bien le double égal qui est le plus pratique pour la comparaison de réels, et pas le is.

    POO et égalités

    Comment comparer deux réels ? On essaye

    print(dir(3.0))

    et on obtient (sous SofusPy974 en l’occurrence) quelque chose comme

    ['__eq__', '__ge__', '__gt__', '__le__', '__lt__', '__ne__', 'clone', 'numberCompare', 'toFixed']

    montrant qu’il est possible de savoir, respectivement, si un flottant est égal, supérieur ou égal, supérieur, inférieur ou égal, inférieur, ou différent d’un autre flottant, et qu’il est possible de faire ces comparaisons algorithmiquement (pour les nombres décimaux, ces algorithmes sont abordés en cycle 3).

    Pour faire de la programmation objet, on a parfois besoin de redéfinir l’égalité, et donc de se poser la question qui entame cet article : quand doit-on considérer comme indistinguables deux objets ? Par exemple dans un annuaire téléphonique, lorsqu’une personne change de numéro de téléphone, elle est quand même toujours la même personne. Si on veut mettre à jour un abonné dans un annuaire, il est prudent de commencer par vérifier si l’abonné est déjà dans l’annuaire. Or en testant ('Dupont','Jean','1/1/1970',01234567) in annuaire on risque de ne pas trouver cet abonné parce que dans l’annuaire il y a bien ('Dupont','Jean','1/1/1970',01222233) mais il ne sera considéré comme égal à l’abonné recherché, que s’il a aussi le même numéro de téléphone, ce qui n’est pas le cas. Ainsi, même pour une recherche dans une liste, il peut s’avérer nécessaire de redéfinir l’égalité.

    En SQL, il est obligatoire de choisir des champs qui, à eux tous, constituent une clé primaire, c’est-à-dire qu’il n’y a par exemple pas deux abonnés ayant le même prénom, le même nom et la même date de naissance. En SQL, typiquement, on crée une clé entière déclarée explicitement comme clé primaire.

    En Python, la méthode d’égalité est appelée __eq__ (on prononce dundereq) et on peut la surcharger, par exemple au sein d’une classe Reel modélisant les nombres réels :

    class Reel(float):
        def __init__(self,valeur):
            self.v = valeur
        def __eq__(self,other):
            return abs(self.v-other.v) < 1e-12
        def __add__(self,other):
            return Reel(self.v+other.v)
        def __sub__(self,other):
            return Reel(self.v-other.v)
        def __mul__(self,other):
            return Reel(self.v*other.v)

    Le float entre parenthèses évite d’avoir à redéfinir les opérations : a priori, un réel se comporte comme un flottant, sauf mention contraire. La mention contraire porte sur l’égalité, qui est redéfinie comme une égalité à 10-12 près. La première méthode, __init__, permet de donner une valeur à un réel. Cette valeur est un flottant. Les réels fonctionnent mieux que les flottants, concernant l’égalité :

    >>> x = Reel(0.3)
    >>> y = Reel(0.1) + Reel(0.2)
    >>> x == y
    True
    >>> x
    0.3
    >>> y
    0.30000000000000004

    Python possède un module decimal qui peut aussi faire le job :

    >>> from decimal import *
    >>> x = Decimal('0.3')
    >>> y = Decimal('0.1') + Decimal('0.2')
    >>> x == y
    True
    >>> x
    Decimal('0.3')
    >>> y
    Decimal('0.3')

    Mais si on veut comparer des hypoténuses calculées par Pythagore, on ne peut pas utiliser ce module, parce que les racines carrées ne sont pas nécessairement des décimaux. On utilisera donc des égalités approchées pour aborder les vecteurs.

    Vecteurs et égalité

    Dans le projet de programme pour la rentrée 2026, en Seconde, il est prévu, comme exemple d’algorithme, le suivant :

    Étudier l’alignement de trois points dans le plan.

    Comme, en géométrie, il est également précisé ceci :

    Déterminant de deux vecteurs dans une base orthonormée, critère de colinéarité. Application à l’alignement, au parallélisme.

    Caractériser alignement et parallélisme par la colinéarité de vecteurs.

    Caractérisations de la colinéarité de deux vecteurs non nuls : nullité du déterminant ; proportionnalité des coordonnées.

    on voit qu’il va être nécessaire, à un moment ou à un autre, de définir une fonction determinant en Python, et de comparer deux réels (en fait, comparer un réel avec 0).

    Vecteurs en Python

    Comme le programme précise que le déterminant est une fonction qui, à deux vecteurs, associe un réel, il est nécessaire de voir comment on peut modéliser un vecteur en Python. Le plus simple est de prendre un couple de flottants, mais alors on a ce phénomène :

    def déterminant(u,v):
        (xu,yu)=u
        (xv,yv)=v
        return xu*yv-xv*yu
    
    >>> u = (2,3)
    >>> v = (0.2,0.3)
    >>> déterminant(u,v)
    -1.1102230246251565e-16

    La nullité (c’est-à-dire l’égalité avec 0) du déterminant est un critère de colinéarité. Or, bien que v soit le dixième de u, il n’est pas considéré comme colinéaire à u.

    Colinéarité de deux vecteurs

    Deux vecteurs ayant des coordonnées réelles, leur déterminant doit être un réel :

    def sont_colinéaires(u,v):
        return déterminant(u,v) == 0
    >>> sont_colinéaires(u,v)
    False

    Pour résoudre ce problème on va renoncer à l’égalité stricte et lui préférer une presqu’égalité (à 10-9 près) :

    from math import isclose
    def sont_colinéaires(u,v):
        return isclose(déterminant(u,v),0.0,abs_tol=1e-9)
    
    >>> sont_colinéaires(u,v)
    True

    Mais cela est peu satisfaisant : si le déterminant de u et v est approximativement nul, u et v sont approximativement colinéaires. Pour faire les choses avec plus de précision, on peut utiliser le calcul formel.

    Calcul formel

    En Python le calcul formel se fait avec

    from sympy import *

    Ensuite, on peut redéfinir le vecteur v comme vecteur de fractions :

    >>> v = (Integer(2)/10,Integer(3)/10)
    >>> v
    (1/5, 3/10)
    >>> déterminant(u,v)
    0
    >>> sont_colinéaires(u,v)
    True
    

    La précision du calcul formel est infinie :

    >>> w = (sqrt(8),sqrt(18))
    >>> w
    (2*sqrt(2), 3*sqrt(2))
    >>> sont_colinéaires(v,w)
    True
    >>> sont_colinéaires(u,w)
    True

    Cela peut servir à une découverte des équations de droites, en prenant par exemple un vecteur (x,y) et en charchant s’il est colinéaire avec u :

    >>> x,y = symbols('x y')
    >>> x
    x
    >>> y
    y
    >>> sont_colinéaires(u,(x,y))
    False
    >>> déterminant(u,(x,y))
    -3*x + 2*y

    Ils ne sont pas colinéaires, mais le calcul de leur déterminant montre que l’équation de la droite passant par l’origine et de vecteur directeur u, a pour équation 3×x+2×y=0-3 \times x + 2 \times y = 0

    Et pour l’équation de la droite passant par le point de coordonnées (5,4), et dirigée par le vecteur u, on peut tenter :

    >>> déterminant(u,(5-x,4-y))
    3*x - 2*y - 7

    qui donne l’équation 3x2y=73x – 2 y = 7.

    Cependant, avec le calcul formel, il convient de se demander ce que signifie l’égalité :

    >>> (x-2)*(x+2) == x**2-4
    False
    >>> (x-2)*(x+2)
    (x - 2)*(x + 2)
    >>> simplify((x-2)*(x+2))
    x**2 - 4

    Des expressions ne doivent être considérées comme égales, que si leurs versions simplifiées (ici, développées) le sont. Il est donc parfois nécessaire de simplifier des expressions avant de les comparer.

  • Séminaire du 18 février 2026

    13h30 — 18h00, PTU, Saint Denis

    Lien pour nous rejoindre en visio

    • 14h-14h45 Le rendez-vous Jeu d’Alain busser: Retour aux jeux de Nim
    • 14h45-15h45 Enseigner avec des tables graphiques au lycée, Dominique Tournès
    • PAUSE
    • 16h15-18h Groupes de travail.
      • Manipulation & diagrammes en barres pour la résolution de problèmes: Depuis les travaux de Bednarz et Janvier (1996), les problèmes de partage en parts inégale de type « déconnecté » permettent une initiation à la pensée algébrique dans le cadre de la résolution de problèmes.La schématisation en barres permet de représenter ce type de problèmes et nous défendons l’idée que c’est la construction du schéma en barres mais surtout sa manipulation qui serait avorable au développement de la pensée algébrique (Lebreton, 2025). Nous vous proposons de tester la manipulation des schémas dans le cadre de la résolution de problèmes sur quelques exemples pour poursuivre la réflexion sur les limites et intérêts d’un tel outil.Format exposé/test/table ronde. Animateur Olivier Lebreton
      • Modèles mémoire: outils pour comprendre l’exécution d’un programme Python. Ces outils seront présentés  en mars prochain à Grenoble lors de la 11e édition de la conférence DIDAPRO, à la fois en présentation d’article et en atelier  et en avant première le 18 février !  Vous aurez l’occasion de manipuler les 2 modèles sur des programmes Python de niveaux différents (fin cycle 4, classe de 2nde, 1re NSI, Tle NSI et supérieur)
        Animateurs: Christophe Declercq & Sebastien Hoarau
  • De la verbalisation en Mathématiques

    de
    Mme V. Delavois, professeur de Lettres, chargé de mission en Lettres
    Mme L. Piron, CPC et CPD Mathématiques
    M. V. Dambreville, professeur de Mathématiques, MAD à l’Université de la Réunion

    Problématique

    Comment amener les élèves à développer les compétences orales en mathématiques par la justification et l’argumentation afin de permettre un passage à l’écrit ?

    Le contexte

    Les nouvelles approches en didactique soulignent l’importance de développer les compétences langagières des apprenants, car ces compétences, essentielles à la réussite scolaire, sont au cœur du processus de construction des savoirs. 

    Le constat fait dans les classes est que les élèves éprouvent des difficultés à réinvestir leurs connaissances dans un autre contexte.

    Or, le processus d’apprentissage visé doit être transférable dans d’autres contextes1. 

    Ce réinvestissement passe nécessairement par la compréhension des stratégies, nécessaires à l’apprentissage visé : la verbalisation est un des leviers permettant cette compréhension. La communication verbale est en effet un médiateur pour que l’enseignant et l’élève accèdent à la représentation mentale du processus utilisé par l’élève à ce moment de l’apprentissage.  Cette représentation passe par une image mentale “qui reste essentiellement subjective, et qui n’est accessible que par l’individu qui est en train de la produire2. Faire verbaliser  permet à l’enseignant et à l’élève de comprendre la démarche d’apprentissage en cours. 

    S’appuyant sur des situations concrètes, les séances que nous développons dans cet article cherchent à mettre une focale sur les compétences orales en mathématiques qu’appellent la justification et l’argumentation afin de permettre un passage à l’écrit organisé. Nous appellerons “écrit structuré” tout écrit par  lequel l’élève explique  une démarche, justifie une réponse, argumente  un propos. 

    Nous avons fait le choix de proposer des situations proches du réel des élèves, ludiques afin de construire les démarches de résolution de problème en passant par la verbalisation de ces stratégies. La progressivité des séances vise à passer de la manipulation à l’abstraction en s’appuyant à chaque étape sur la verbalisation puis de la justification à l’écrit de son résultat.

    On entre alors dans un processus de secondarisation : « À l’école aujourd’hui, il ne suffit pas de « faire ce que le maître dit » pour réussir, il faut aussi comprendre ce qu’on fait et comment on le fait » (Bautier, Goigoux, 2004)

    L’oral permet la construction de la pensée chez l’enfant. L’enseignant va donc inciter, voire exiger la verbalisation afin de voir quelle stratégie est utilisée par l’élève.

    Un exemple en cycle 1 dans la construction du nombre : l’objectif est la mémorisation des faits numériques. Or on sait qu’il existe des stratégies intermédiaires à cette mémorisation. Le fait de faire parler l’élève et de l’inciter à dire “comment il a fait” permet à l’enseignant de situer l’élève dans son apprentissage.  Cela permet également à l’élève de conscientiser le l’enjeu du processus d’apprentissage. On passe alors  du “j’ai compté dans ma tête” à “je sais que 2 et 3 font 5” en passant par “j’ai compté à partir de 3”. 

    Une fois que l’élève est capable d’exprimer sa pensée, il peut aller vers la production d’un message oral puis écrit.

    L’expérimentation

    Cette démarche débute dès le cycle 1 et doit se poursuivre tout au long de la scolarisation de l’élève. L’exigence et les critères de réussite évoluent avec l’âge et les compétences visées. 

    L’expérimentation conduite cette année a porté sur la proportionnalité au cycle 3. 

    Le postulat de départ veut  travailler en parallèle la résolution de situation de proportionnalité et le calcul mental sur les tables de multiplication en apportant une stratégie : la linéarité additive et multiplicative. 

    Cet enseignement est explicite au sens de l’enseignement direct : il apporte la stratégie et accompagne l’élève dans l’automatisation des différentes procédures de calcul présentées. Pour autant, l’accent est mis sur la justification de l’utilisation de la procédure et non pas sur le résultat en lui-même.D’un autre côté, les situations de proportionnalité sont proposées comme des situations problèmes où l’élève doit chercher et réinvestir les procédures qu’il connaît.

    Proposition

    Travail en groupes

    Les élèves sont répartis dans la salle de classe en groupes de quatre pour permettre 

    « la confrontation des avis, l’émergence de litiges entre les élèves, pour que les représentations initiales de chacun soient éprouvées, conduisent à l’incertitude des idées exprimées, puis soient majorées par une transmission des savoirs par l’enseignant » (Connac, 2020).
    Au sein du groupe, les élèves doivent justifier leurs résultats, présenter leurs stratégies et se mettre d’accord. On voit émerger une forme de coopération.

    En résumé

    1. La verbalisation orale, première étape avant le passage à l’écrit 
      • Comment utiliser les échanges oraux pour développer la capacité à formuler des idées de manière claire et structurée avant de passer à la rédaction ?
    2. Quelles activités pour favoriser la production écrite en mathématiques ?
      • Quelles activités pour amener les élèves à exprimer leurs raisonnements  à l’oral puis à l’écrit ?
      • Quels travaux de groupe pour que les élèves puissent collaborer pour produire un texte mathématique ? 
      • Comment accompagner la rédaction de solutions et de démonstrations ?
    3. Quand introduire les activités de production écrite ?
      • Comment intégrer progressivement ces activités tout au long de la scolarité ?
      • Comment dédier des moments à la production écrite dans le cadre de chaque séance, en identifiant clairement les phases d’exploration, d’institutionnalisation et de synthèse.

    La Séquence

    Objectif de la séquence

    Comprendre le principe de la proportionnalité par la manipulation, en contexte réel et abstrait et verbaliser la stratégie utilisée.

    Les compétences

    Chercher

    • S’engager dans une démarche, observer, questionner, manipuler, expérimenter, émettre des hypothèses, en mobilisant des outils ou des procédures mathématiques déjà rencontrées, en élaborant un raisonnement adapté à une situation nouvelle.
    • Tester, essayer plusieurs pistes de résolution.

    Modéliser

    • Utiliser les mathématiques pour résoudre quelques problèmes issus de situations de la vie quotidienne.
    • Reconnaître et distinguer des problèmes relevant de situations additives, multiplicatives, de proportionnalité.

    Représenter

    • Utiliser des outils pour représenter un problème : dessins, schémas, diagrammes, graphiques, écritures avec parenthésages, etc.

    Raisonner

    • Résoudre des problèmes nécessitant l’organisation de données multiples ou la construction d’une démarche qui combine des étapes de raisonnement.
    • Justifier ses affirmations et rechercher la validité des informations dont on dispose.

    Calculer
          – Contrôler la vraisemblance de ses résultats.

    Communiquer

    • Utiliser progressivement un vocabulaire adéquat et/ou des notations adaptées pour décrire une situation, exposer une argumentation.
    • Expliquer sa démarche ou son raisonnement, comprendre les explications d’un autre et argumenter dans l’échange.

    Les attendus 

    Reconnaître et résoudre des problèmes relevant de la proportionnalité en utilisant une procédure adaptée : propriétés de linéarité (additive et multiplicative), passage à l’unité, coefficient de proportionnalité.

    Les critères de réussite

    • L’élève est capable de résoudre des problèmes de proportionnalité.
    • L’élève comprend que revenir à l’unité permet de trouver toutes les solutions.
    • L’élève comprend que le principe d’additivité permet de résoudre un problème sans revenir à l’unité.
    • L’élève est capable de verbaliser sa stratégie.

    La différenciation

    Les différentes étoiles permettent, tout en gardant un objectif commun, d’adapter les données numériques au possibilité de l’élève.

    L’enjeu est de ne pas faire échouer l’élève en raison de difficultés liées à la numération ou à la difficulté du calcul. 

    L’élève progresse sur les différents niveaux à son rythme.

    La progressivité

    La séquence débute par des situations avec la connaissance de l’unité. 

    Les élèves manipulent les différentes quantités et utilisent, en fonction de la valeur numérique, l’addition itérée ou la multiplication.

    Ensuite, les situations proposées sont des situations pouvant être résolues directement sans passage à l’unité par proportionnalité additive. Les élèves élaborent des stratégies telles que le double/ la moitié, l’addition de deux situations permettant de trouver la 3ème (proportionnalité additive).

    Enfin, les situations proposées nécessitent la recherche de l’unité. L’enjeu à ce stade est de leur faire construire le passage à l’unité afin de préparer la notion de proportionnalité. 

    A ce stade de la réflexion, il pourrait être intéressant de proposer des situations proportionnelles et non proportionnelles afin que l’élève développe la stratégie du passage à l’unité pour reconnaître une situation de proportionnalité. 

    Enfin, les situations se complexifient par une tâche complexe : la résolution du problème nécessite l’étape de passage à l’unité.

    Vidéos

    à venir

    Documents à télécharger

    la présentation bilan à l’IREMI

    les cartes proportionnalités à télécharger (et à plastifier)

    des exemples de défis progressif (pour la séance 1)

    un exemple de progression (organisation de la classe et support de présentation pour les élèves)


    1. Marino Ingrid. L’image mentale-médiateur de la communication verbale. In: Langage et société, supplément au n°17, 1981.
      Pratiques langagières et stratégies de communication. Terrains, méthodes d’enquête et d’ananlyse. pp. 91-94;
      doi : https://doi.org/10.3406/lsoc.1981.1374 et
      https://www.persee.fr/doc/lsoc_0181-4095_1981_sup_17_1_1374 ↩︎
    2.  Denis Michel. Approches cognitives de l’image mentale. In: Intellectica. Revue de l’Association pour la Recherche Cognitive,
      n°8, 1989/2. pp. 85-107;
      doi : https://doi.org/10.3406/intel.1989.876
      https://www.persee.fr/doc/intel_0769-4113_1989_num_8_2_876 ↩︎
  • la Corolle Lexicale

    Apprendre à lire des énoncés de problèmes, c’est faire un pas de plus dans la maîtrise de la langue.

    de Mme V. Delavois, professeur de Lettres, chargé de mission en Lettres et
    M. V. Dambreville, professeur de Mathématiques, MAD à l’Université de la Réunion

    Dans la vie courante, les individus ont affaire à des problèmes « pour de vrai ». Or, les situations-pro­blèmes, pure éma­nation scolaire, demandent une représentation mentale de la situation mathématique extrêmement précise. 

    Avant de rechercher la façon de procéder pour résoudre le problème, il convient de veiller : 

    • à ce que les informations pertinentes, et seulement celles-ci, soient utilisées,  
    • à ce que leur mise en représentation soit cohérente, 

    pour permettre la réalisation des calculs ou la mobilisation des procédures exigées par la résolution. 

    Nombre d’erreurs de résolution sont cependant liées à des représentations sémantiques erronées, souvent induites par la polysémie de termes dont les élèves ne retiennent pas le sens en mathématiques. Le « sommet » d’un triangle en géométrie n’est pas nécessairement « en haut », or « sommet » évoque  « le haut ». 

    Un même signifiant, par exemple le verbe « doubler »,  peut désigner des signifiés différents selon qu’il est associé au mot nombre ou au mot voiture. Un élève peut donner la réponse 6, quand on lui demande de doubler le nombre 5. L’élève associe le verbe « doubler » au mot voiture et dans ce cas, doubler une voiture signifie passer devant. 

    Il faut du temps avant que les élèves puissent évoquer tout de suite le bon signifié.

    Ainsi, à la lecture d’un énoncé de problème, poser aux élèves la question : « Quels mots ne comprenez-vous pas ? », ne permet pas de détecter les difficultés rencontrées avec les mots polysémiques, et les détourne de ce qu’ils ont ici à apprendre : développer des stratégies de compréhension1.

    1. Comment lever les difficultés de vocabulaire ?

    Tout d’abord, on conviendra d’appeler lexique l’ensemble des mots qu’une langue met à disposition des locuteurs, et vocabulaire l’ensemble des mots utilisés par un locuteur donné dans des circonstances données. Le lexique est une réalité de langue à laquelle on ne peut accéder que par la connaissance des vocabulaires particuliers2

    Le vocabulaire regroupe, pour sa part, des sous-ensembles significatifs relevant d’un individu (un auteur, un élève), d’un domaine notionnel, technique ou culturel (vocabulaire du raisonnement, de l’argumentation, de la publicité, etc.), d’une période (vocabulaire du XVIIe), d’une subdivision établie à partir d’autres critères (vocabulaire abstrait, vocabulaire concret, etc.). 

    Enfin, certains mots appelés mots actifs sont assez bien connus, compris et utilisés d’un individu pour s’exprimer. D’autres, appelés mots passifs, ne sont pas utilisés par lui mais ni toujours compris de façon plus ou moins précise et spécifique.

    Il existe une réelle disparité sur le nombre de rencontres nécessaires pour qu’un mot soit utilisable – donc actif : 4 en moyenne, plus de 10 pour d’autres 3

    Quel  principe didactique ?   

    L’apprentissage du vocabulaire doit être aménagé, pour trouver son efficacité, selon l’idée que les connaissances stockées en mémoire s’organisent de façon hiérarchique et que les concepts s’emboîtent dans des catégories plus générales comme dans une arborescence4 .

    D’une manière générale, la procédure la plus payante est de faire : 

    1. manipuler, expérimenter le sens des mots dans des contextes appropriés ;
    2. créer des phrases contextuelles; 
    3. discuter sur les contextes et sur le sens des mots5.

    Un outil pour structurer l’apprentissage du vocabulaire

    Nous avons dès lors penser une interdisciplinarité d’un des outils d’apprentissage explicite sur les mots aux Mathématiques, à savoir : la corolle lexicale car elle permet, entre autres, une relation de sens et une hiérarchie des informations. 

    Au centre, le mot, avec toutes ses dimensions potentielles ; sa forme (signifié oral et graphique), son sens (signifié dénoté, mais aussi connoté), son histoire, son statut social… Les divers pétales invitent à des explorations de nature et d’ampleur variées. C’est ainsi que l’on retrouvera des rubriques relevant de branches classiques de la lexicographie (étymologie, champ lexical et analogique, champ sémantique…), d’autres relevant de la sémiologie et de la mythologie, d’autres proches de la syntaxe (traits syntaxiques et lexicaux…), d’autres ouverts sur les multiples dimensions de la culture. Enfin, la dimension individuelle prend toute sa place avec la recherche de mots connotés.

    Ici, l’on n’enrichit le vocabulaire des élèves en augmentant leur stock de termes à partir d’une réorganisation du stock de vocabulaire qui était antérieurement disponible, déjà actif. 

    Cette figuration donne une récapitulation ordonnée des mots réunis et structurés suivant une logique linguistique. Elle offre une image structurée de ce qu’est la langue : des mots reliés entre eux par et dans toutes sortes de réseaux. 

    L’outil se transforme en « banque de mots » susceptible de nourrir une production écrite, un puissant activateur de la mémoire.

    2. Son transfert aux Mathématiques

    Cet enseignement d’enrichissement et de structuration du vocabulaire  devient un outil de raisonnement pour entrer dans les énoncés des problèmes. L’objectif, comprendre le choix de l’opération – véritable enjeu de la résolution – lié à l’identification des relations entre les données dont les relations ne sont pas explicitées par le texte.

    Son déroulé : l’activité est décomposée… . 

    1. Sélectionner des informations : catégoriser les mots en explicitant un trait saillant, un point commun
    2. Mettre en relation : travailler en réseau autour de la polysémie d’un mot…
    3.  Appliquer une procédure :  Associer un verbe à un choix opératoire dans des contextes variés 
    4. Déduire
    5. Évaluer la capacité à employer à bon escient l’emploi du verbe et le mode opératoire dans un contexte nouveau

    Exploitation et analyse des travaux d’élèves : 

    Les travaux des élèves permettent d’expliciter leur cheminement, leur raisonnement, leurs idées. 

    La corolle lexicale trouvera également une utilisation, dans la forme avec la fleur des nombres.

    Conclusion

    En conclusion, 

    Une absence de réponse ou une réponse erronée peuvent signifier une incompréhension de l’énoncé et découler sur une incapacité à mener à bien l’opération demandée.

    Apprendre à lire des énoncés de problèmes, c’est donc apprendre à décoder ce système complexe du vocabulaire mathématique, à prendre des repères dans la situation problème, à s’interroger sur les savoirs et savoir-faire à mobiliser et sur l’opération qu’il convient d’effectuer pour réaliser ce qui est demandé. 

    Des outils, telle la corolle lexicale, amènent les élèves à construire une attitude active par rapport à la compréhension.


    1. Jacques Crinon, « Lexique et compréhension de texte », Eduscol 2011  ↩︎
    2.  Jacqueline Picoche, Précis de lexicologie française, 1992 ↩︎
    3. Sylvie Cèbe, Roland Goigoux, 
« Lexique et écriture : 4 pistes d’intervention au collège et au lycée professionnel », Eduscol 2011 ↩︎
    4.  Michel Fayol, Daniel Gaonac’h,  Aider les élèves à comprendre, 2003 ↩︎
    5.  Micheline Cellier,  
« Des outils pour structurer l’apprentissage du vocabulaire », Eduscol 2011 ↩︎

  • Lecture à dévoilement progressif

    Utiliser les outils des Lettres pour les adapter en Mathématiques

    de Mme V. Delavois, professeur de Lettres, chargé de mission en Lettres et
    M. V. Dambreville, professeur de Mathématiques, MAD à l’Université de la Réunion

    Nos élèves n’ont qu’une faible appétence pour rédiger dans le cadre scolaire1. La raison principale : les fautes d’orthographe !   

    35 % des élèves en fin de CP écrivent moins de soixante lettres lisibles en quinze minutes. Parallèlement, 40 % des élèves de 3e ne rédigent quasiment pas lors d’un exercice de production écrite de vingt-cinq minutes en français. 

    Ces difficultés à rédiger se répercutent dans toutes les disciplines. En sciences notamment, 20 % des questions ouvertes restent sans réponse, contre 3 % lorsqu’il s’agit d’un questionnaire à choix multiples.2 Les élèves les plus fragiles sont ceux qui répondent le moins aux questions ouvertes et sont donc déjà pénalisés par leurs difficultés à produire de l’écrit. Ils travaillent alors souvent sans réfléchir ou refusent de faire l’activité proposée3

     Paradoxalement, écrire reste un moyen important de communication pour nos mêmes élèves au quotidien, au travers des sms ou de l’utilisation des réseaux sociaux : ils écrivent volontiers en dehors du cadre scolaire et ce, malgré leurs difficultés orthographiques. 

    Comment lever les freins pour permettre à tous les élèves d’entrer dans l’écriture scolaire, étape indispensable des apprentissages 4? L’enjeu, pour l’enseignant, est alors de faire commencer le travail à l’écrit, c’est-à-dire de faire entrer l’élève dans une démarche d’écriture pour donner forme à sa réflexion, expliquer sa démarche et encore justifier sa réponse.

    Dans l’hypothèse où plus un élève est en difficulté pour rédiger, plus le traitement d’une situation dans le domaine d’écriture va être cognitivement coûteux pour lui5, nous avons décomposé les étapes attendues de la production à écrire pour engager l’élève dans la tâche. 
    Nous avons dès lors pensé une interdisciplinarité des outils des Lettres aux Mathématiques, à savoir :  la lecture par dévoilement progressif.

    1. La lecture par dévoilement progressif

    La lecture par dévoilement progressif 6est un dispositif de lecture de texte en français fondé sur l’anticipation et l’émission d’hypothèses. 

    Son principe : lire, étape par étape, un texte avec les élèves de manière à ce qu’ils puissent à chaque étape découvrir des éléments permettant de créer, de valider ou de modifier leurs précédentes hypothèses. 

    Les moments d’arrêts dans la lecture laissent le temps aux élèves de se questionner, de prendre de la distance vis-à-vis du texte, d’examiner et d’interpréter les éléments nouveaux. L’enseignant articule alors lecture et temps de parole lors d’un travail collectif de recherche et de sens tout en accompagnant le développement de stratégies de lecture.

    Le découpage de la lecture proposé doit susciter la curiosité de l’élève pour qu’il adopte un rôle actif de chercheur d’indices, pour qu’il se pose des questions et essaie d’anticiper la suite de l’histoire à partir de l’analyse de son relevé et des stratégies de lecture qu’il connaît. Il utilise l’implicite, fait des sous-entendus, des liens entre ce qui est dit à plusieurs endroits et doit aller au-delà de ce qui est écrit dans le texte.

    • Pour illustrer la démarche, voici les questions posées aux élèves sur l’incipit de la nouvelle « Lucien » de Claude Bourgeyx 7

    Lucien était douillettement recroquevillé sur lui-même. C’était sa position favorite. Il ne s’était jamais senti aussi détendu, heureux de vivre. Son corps était au repos, léger, presque aérien. Il se sentait flotter. Pourtant il n’avait absorbé aucune drogue pour accéder à cette sorte de béatitude. Lucien était calme et serein naturellement ; bien dans sa peau, comme on dit. Un bonheur égoïste, somme toute.

    De qui parle-t-on ? Qu’est-ce qu’on en dit ? Où / Quand se déroule la scène ?  Quelles informations vient ajouter la phrase suivante ? A quoi s’attend-on pour la suite ? 

    Ils dressent à l’écrit un bilan des informations qu’ils ont relevées pour en déduire une hypothèse de lecture.

    L’élève n’est plus un lecteur en ”posture première”, qui lit sans réfléchir, mais s’engage dans une “posture réflexive”8 :  il est non seulement dans l’agir mais revient sur cet agir, le « secondarise » pour en comprendre les finalités, les ratés, les apports.

    La lecture par dévoilement progressif est une démarche motivante qui rend les élèves acteurs de leur apprentissage en leur conférant une position de chercheurs travaillant par essais-erreurs, tâtonnement.

    2. Son transfert aux Mathématiques

    Cette stratégie de lecture en français devient un outil de raisonnement mathématique avec un double objectif : 

    1. développer la compétence chercher :
      1. repérer les informations explicites et implicites, les classer, les mettre en relation les unes avec les autres
      2. utiliser les intuitions, faire des essais, les présenter et les expliquer (et les contre-dire)
    2. travailler une tâche à prise d’initiative ambitieuse :
      1. il ne s’agit pas seulement de trouver la bonne réponse, mais aussi d’expliquer le raisonnement (erroné) d’un autre. Comment a-t-il obtenu cette réponse ? Pour quelles raisons a-t-il fait cela ?

    Son déroulé : l’activité est décomposée en cinq diapositives, élément par élément. Chaque étape accorde un temps individuel court (5 minutes)  pour écrire ce que l’on voit, ce que l’on a compris, puis un temps collectif pour expliquer ce que l’on a compris. 

    L’enseignant accompagne la réflexion par le même panel de questions : que voit-on ? Que peut-on dire ? Que comprend-on ? Pourquoi ? Quelle question serait posée ? Qu’est-ce qui a changé par rapport à la situation précédente  ?

    Un temps long individuel d’environ vingt minutes est laissé pour rédiger la dernière étape, compléter, préciser, ordonner ce que l’on vient d’écrire. 

    3. Exploitation et analyse des travaux d’élèves

    élèves 1 et 7 : des élèves fragiles de 3e

    élève 2 : la meilleure élève de la classe 


    Les élèves les plus fragiles essayent.  

    Les élèves les plus à l’aise ne donnent pas directement la réponse : leur travail finalisé permet de retrouver et d’expliciter leur cheminement, leur raisonnement, leurs idées. 

    Les élèves comprennent  les attendus de la rédaction, ce que l’enseignant veut voir écrit, tout comme les attendus du sujet de mathématiques au DNB : 

    Pour chaque question, si le travail n’est pas terminé, laisser tout de même une trace de la recherche (calcul, schéma, explication, …). Elle sera prise en compte dans la notation.”, “ La notation prend en compte les essais et les démarches engagées, même non aboutis.”

    Les travaux des élèves ont donc mis en évidence des effets positifs de l’utilisation de l’outil à dévoilement progressif sur l’apprentissage par l’écriture lors d’une résolution de problème.

    Conclusion

    En conclusion, toute activité qui attend une production d’écrits doit être pensée au regard de la difficulté rencontrée par l’élève à identifier  la situation problématique, à planifier une stratégie, à mobiliser les connaissances adéquates à l’exécution et  à vérifier ses hypothèses. L’élève fragile n’a pas acquis de schémas, ni  d’automatismes concernant l’interprétation de la tâche, sa planification et son exécution écrite.

    La configuration modifiée de l’exercice –  présentation par dévoilement progressif – est une solution opérationnelle, qui veille, d’une part, à une baisse de la charge mentale9 dans la réalisation de la tâche (résolution de problème). Elle a, d’autre part, un impact tout à fait favorable dans le contexte de l’activité d’écriture et le développement des compétences associées. Elle permet d’emblée de lever les freins pour permettre à tous les élèves d’entrer dans l’écriture scolaire, étape indispensable des apprentissages. 

    Plus qu’une « première approche » pour engager l’élève dans la tâche, sa finalité est de chercher la mise en application de stratégies de manière automatique sans modification de la configuration. 

    L’acquisition de cette compétence est explicitement attendue par les programmes d’enseignement actuels : il nous faut enseigner des stratégies d’inférence, de compréhension qui permettent l’acquisition progressive d’une autonomie dans le processus de lecture et d’écriture. 

    1. Enquêtes PIRLS 2011 et Cedre 2015, Cnesco (2018). Écrire et rédiger, Acquis des élèves.
      https://www.cnesco.fr/fr/ecrire-et-rediger/acquis-des-eleves/
      Cnesco (2018). Écrire et rédiger : comment guider les élèves dans leurs apprentissages. Dossier de synthèse. https://www.cnesco.fr/fr/ecrire-et-rediger/ ↩︎
    2. Enquête Cedre 2013 ↩︎
    3. Bucheton, D., Soulé, Y. (2009). Les gestes professionnels et le jeu des postures de l’enseignant dans la classe : un multi-agenda de préoccupations enchâssées. Education & Didactique, 3(3), 29-48 : posture première, posture de refus ↩︎
    4. Programme d’enseignement du cycle des approfondissements (cycle 4), Domaine 1. Les langages pour penser et communiquer, p.4, 2018 : “ La rigueur de l’expression, la capacité à en faire preuve pour dialoguer, l’adaptation à une diversité de situations pour agir ou résoudre un problème sont au cœur du domaine 1. L’élève passe progressivement de ses intuitions et usages spontanés à des réalisations réfléchies nécessitant d’organiser et formaliser davantage ses productions en respectant des règles et des normes qui permettent la compréhension et l’échange.”
      Programme d’enseignement du cycle des approfondissements (cycle 4), Écriture, Adopter des stratégies et des procédures d’écriture efficaces, p.18, 2018  ↩︎
    5. Tricot A., Chanquoy L. (1996). La charge mentale,  » vertu dormitive  » ou concept opérationnel ? Introduction. Psychologie Française, 41 (4), 313-318. ↩︎
    6. DUFAYS, J-L., « De la tension narrative au dévoilement progressif : un dispositif didactique pour (ré)concilier les lectures du premier et du second degré » dans Études de Lettres https://edl.revues.org/615#tocto1n4, page consultée le 23 mai 2017. ↩︎
    7.  Claude Bourgeyx, « Lucien », Les petits Outrages, 1984  ↩︎
    8. Bucheton, D., Soulé, Y. (2009). Les gestes professionnels et le jeu des postures de l’enseignant dans la classe : un multi-agenda de préoccupations enchâssées. Education & Didactique, 3(3), 29-48. ↩︎
    9.  Tricot, A., Chanquoy, L., La charge mentale,  » vertu dormitive  » ou concept opérationnel ? Introduction. Psychologie Française, 1996. 
      ↩︎

  • Concours Flash Maths 974

    Concours Flash Maths 974

    Le concours Flash Maths 974 est un concours proposé aux classes de 5e et 4e de l’académie de la Réunion.

    Ce concours est l’occasion de renforcer les connaissances et compétences mathématiques des élèves, par la pratique régulière de « Questions Flash », comme le préconisent les programmes disciplinaires.

    Une équipe de professeurs de collège, membres de l’IREMI, est chargée de l’organisation générale et de l’élaboration des épreuves.

    Les enjeux du concours « Flash Maths 974 » revêtent trois aspects :

    • Favoriser l’acquisition d’automatismes chez les élèves
    • Promouvoir l’évolution des pratiques pédagogiques des enseignants
    • Dédramatiser l’évaluation chez les élèves en donnant sa place à un type d’évaluation formative

    Tous les renseignements liés à ce concours se trouvent sur cette page : présentation, règlement, thèmes des questions, archives…

    Le site académique rencontrant des difficultés ces dernières semaines, vous trouverez les différents formats de l’épreuve d’entrainement directement sur le dossier collaboratif, ou sur le digipad académique dédié aux mathématiques (aca.re/maths/informations).